MISSION ASIE

Cours de Français au Vietnam Cours de Français au Vietnam

Témoignage de Philippe de Kersabiec, notre séminariste volontaire

aux M.E.P. (Missions Etrangères de Paris)

 

Volontaire en Asie,

 

Parti comme volontaire MEP une première fois à Madagascar pendant quatre mois dans une mission de brousse en 2005, puis six mois à Ca Mau dans une paroisse de ville du sud Vietnam. Pourquoi ? Pour qui ? Questions intrigantes que l’on vous pose en France et en Asie, que l’on se pose avant, pendant et encore après cette aventure.

 

Une aventure, c’est aussi une partie de la réponse au pourquoi. Aventure que de tout quitter pour un temps (que l’on voudrait le plus long possible !!!) sa famille, ses amis, ses études, son travail, ses habitudes, son confort, non pour visiter un pays d’Asie, ni pour fuir une réalité, mais pour partager, pour servir. Servir, c’est vouloir s’abandonner aux autres, à la confiance en Dieu. Servir en Asie, dans une autre culture, dans un autre contexte et un autre peuple, l’aventure du volontariat tient en grande partie à ces particularités.

 

S’abandonner en ouvrant son cœur, le rendre disponible et accepter les épreuves en toute simplicité, faire ce que l’on peut avec ses dons, ses charismes, ses faiblesses en sont le principe. S’abandonner, être chrétien, être perçu comme un chrétien, un visage de l’Eglise de France, c’est aussi pour soi se débarrasser de tout ses fards, de relativiser les aspects de formes pour approfondir le fond de sa foi. Mes compétences, mes diplômes, mon expérience serviront dans le volontariat, mais avec une certaine humilité et une retenue de bon aloi, car vous ne partez pas pour révolutionner une situation mais pour accompagner un projet, une Eglise, avec ses particularismes, un contexte, ses atouts et ses faiblesses.

 

Ouvrir son cœur pour une forme de charité. Charité non pas destinée à des catholiques mais le plus souvent à un peuple avec d’autres traditions à découvrir, comme le Christ l’a fait avant nous. Charité souvent désarmante, mais des plus belles car c’est aussi une conversion en vous que de vous donner en toute gratuité. Par l’accueil que vous recevez, par votre simple démarche de don de vous, votre disponibilité, vous recevez plus que vous donnez, et ce, seulement en vivant le quotidien d’une communauté.

 

Partager le quotidien, vivre dans une communauté, c’est la découvrir, partager ses joies, ses peines, avec parfois une certaine incompréhension, ou d’une manière différente du fait de la langue, de la culture. Nos préjugés tombent, nos visions d’une mission idéalisée se fendillent, s’estompent ; l’Asie, ce grand continent, se révèle en partie à vous sous des visages différents, petit à petit.

 

Découvrir les différents visages des autres, c’est aussi se découvrir comme témoin du Christ, comme un autre visage de l’Eglise parmi d’autres visages et témoins du Christ, d’une Eglise. Alors qu’importe ce que vous faites, répétiteur en anglais, professeur de français, aide technique à la réalisation d’un centre pour handicapés au Vietnam, ou encore lors de mon premier volontariat à Madagascar, ingénieur tous azimuts pour percer une route en forêt, pour monter un projet d’adduction en eau potable, pour calculer des surfaces de rizières; le tout c’est d’être disponible, attentif et présent, participer sans tabou, être soi, être chrétien dans les pas du Christ.

 

Etre soi et chrétien dans les pas du Christ, c’est la conclusion, une des évidences les plus simples que vous gardez à vie pour l’avoir pleinement vécue à votre mesure. Celle que nous pouvons vivre tous les jours, en tous lieux, mais encore faut-il vouloir ouvrir ses yeux sur les beautés du monde, et un temps de volontariat vous les révèle car vous vous rendez disponible et parfois utile sans vous en rendre compte.